Cleavr lève 8 millions d’euros contre les factures impayées
La fintech parisienne automatise les relances après facturation, mais vise des entreprises bien plus grandes qu’un indépendant. Ce qu’il faut en retenir.
La fintech parisienne Cleavr a annoncé début octobre 2026 une levée en amorçage de 8 millions d’euros pour automatiser le suivi des factures jusqu’à leur paiement. Pour un freelance qui court après ses règlements, la nouvelle éclaire surtout une tendance : l’automatisation des relances progresse, mais cet outil-là vise d’abord des entreprises de taille intermédiaire, pas les indépendants.
En bref
- Pour un freelance qui court après ses règlements, la nouvelle éclaire surtout une tendance : l’automatisation des relances progresse, mais cet outil-là vise d’abord des entreprises de taille intermédiaire, pas les indépendants.
- La création des factures et la comptabilité restent dans l’outil existant ; la plateforme prend le relais pour le suivi jusqu’à l’encaissement.
- Pour structurer vos démarches, consultez aussi notre article sur les procédures de recouvrement adaptées aux indépendants.
Une levée menée par Varsity pour viser l’Europe
Fondée en 2025 par Baptiste Nassoy, Arthur Guérin et Antoine Grenard, la jeune société a convaincu Varsity de mener ce tour. Portfolio Ventures, Kerala et Financière Saint James y participent, aux côtés de Kima Ventures et Better Angle, déjà présents au capital. Un premier financement d’un million d’euros avait été annoncé en mars 2026, ce qui porte à 9 millions d’euros le total levé selon FrenchWeb.
L’argent servira à faire évoluer le produit, à étoffer la force commerciale et à accélérer l’implantation européenne. Cleavr est déjà active dans six pays : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Belgique. Elle revendique plus d’une centaine de clients gagnés en six à sept mois, dont 90 % obtenus par prospection directe, un détail qui parlera à tout indépendant habitué à chercher ses missions lui-même.
Comment l’outil relance à la place de l’entreprise
Le principe tient en une chaîne d’actions. La plateforme se branche sur les ERP, les logiciels de facturation et les CRM pour récupérer les factures et les coordonnées des clients. Elle envoie ensuite des relances par plusieurs canaux (email, SMS, WhatsApp) et analyse les réponses reçues. D’après Maddyness, elle repère aussi les bons interlocuteurs, peut passer par le téléphone, suit les échéances et fait remonter les litiges.
Quand un contact cesse de répondre, l’outil peut chercher une autre personne chez le client. Les dossiers sensibles, ceux qui présentent un risque commercial ou réputationnel, repartent vers les équipes internes. Le cofondateur Baptiste Nassoy insiste sur la base de travail du système :
« On ne se base que sur les données métiers de l’outil de facturation auquel on se connecte »
Baptiste Nassoy, cofondateur de Cleavr
Autrement dit, Cleavr ne remplace pas votre logiciel. La création des factures et la comptabilité restent dans l’outil existant ; la plateforme prend le relais pour le suivi jusqu’à l’encaissement. La société affirme s’adapter à chaque ERP et à chaque process en quelques jours, sans frais d’activation ni licence contraignante. Baptiste Nassoy assure aussi : « On automatise 80 % des actions qui étaient historiquement manuelles ».
Pourquoi les retards de paiement pèsent sur les petites structures
Le sujet dépasse largement cette start-up. Les petites entreprises sont les premières à souffrir d’un client qui paie tard, comme le montrent les données disponibles.
Les deux premiers chiffres viennent de l’Observatoire des délais de paiement ; le troisième est rapporté par Maddyness. Pour un indépendant, ces moyennes rappellent qu’une facture envoyée n’est pas encore de l’argent sur le compte. Si vous cherchez des méthodes à votre échelle, notre guide sur la gestion des retards de paiement détaille les réflexes utiles.
Le calendrier réglementaire compte aussi. Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises françaises concernées doivent être capables de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre gagnera les PME et les microentreprises en septembre 2027, ce qui concerne directement de nombreux freelances.
Un freelance peut-il en profiter aujourd’hui ?
La réponse courte est non, du moins pour l’instant. Le tableau ci-dessous résume pourquoi.
| Critère | Ce qu’annonce Cleavr |
|---|---|
| Cible prioritaire | Entreprises de 50 millions à un milliard d’euros de chiffre d’affaires |
| Modèle économique | Abonnement, sans commission sur les montants recouvrés |
| Coût évoqué pour les ETI | De 10 000 à 150 000 euros par an |
| Concurrents cités | Upflow, Sidetrade, Esker, HighRadius |
Aucun tarif n’a été communiqué pour les petites structures, et rien n’indique que l’offre leur soit ouverte. Ce conseil ne s’applique donc pas si vous facturez seul quelques clients par mois : un outil pensé pour des directions financières n’est pas taillé pour votre volume. En dehors des logiciels, les solutions classiques restent mobilisables : gérer soi-même ses relances, confier un dossier à une agence de recouvrement ou recourir à l’affacturage, qui avance la trésorerie. Pour structurer vos démarches, consultez aussi notre article sur les procédures de recouvrement adaptées aux indépendants.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Auteur anonyme (Unsplash). Licence : CC0.
